Et après le deuxième tour?
Par gérard becker le samedi 28 avril 2007, 12:49 - Lien permanent
Bref, pour le deuxième tour des présidentielles nous sommes nombreux à gauche à admettre qu'il faut mettre le bulletin ROYAL dans l'urne: c'est le moyen le plus pratique de la période pour éviter la prise de pouvoir par SARKOZY.
Mais après, comment on continue?
Je persiste à penser que les différentes forces, organisées ou non, qui avaient contribué au rejet d'une Europe libérale ont vocation à construire une alternative au libéralisme.
De ce point de vue, il faut capitaliser ( si, si! ) le travail déjà effectué. Grosso modo, entre mai et décembre 2006, quelques étapes ont été franchies ( au sein des collectifs anti-libéraux pour lesquels il ne faut pas avoir de mémoire sélective : il y a eu du positif qu'il faut faire fructifier ) Cela a abouti à reconnaissance de la nécessité d'aller au gouvernement, mais pour y mettre en oeuvre des mesures concrètes qui sortent le pays du carcan libéral.
C'était une avancée formidable, car elle sortait la gauche du faux choix entre gouverner en renonçant ou être intransigeant dans l'opposition.
Partons de cette idée et voyons, ensemble, comment la mettre en musique.
Réactivons l'outil "collectif anti-libéral" en acceptant de lui faire jouer son rôle et rien que son rôle ( = ce n'est pas la matrice d'un nouveau parti mais le lieu de convergence de forces qui n'ont pas la même histoire, qui n'ont pas la même lecture de l'Histoire, mais qui aspirent à construire un avenir où le marché n'est pas la fin de l'Histoire )
J'y reviendrai...
A bientôt ( à la manif du 1er mai ? )
Commentaires
Il faut faire des alliances avec toutes les composantes à la gauche du PS: LCR, Bové, PRS, LO... bref tous ceux qui se retrouvent dans nos politiques de transformations sociale. Il faut arrêter de stigmatiser sur le PCF et parler GAUCHE ANTILIBERALE.
Bien rappeler que nous avons soutenus la candidature de Marie George Buffet aux presidentielle, mais maintenant il faut se "dissocier"du PCF et unifier la gauche du PS si nous ne voulons pas refaire 2%¨aux législatives.
Oui mais j'ai l'impression que ça ne va pas être facile de faire repartir les collectifs.
Maintenant les gens sont très méfiants. Certains Communistes ont l'impression que les collectifs souhaitent la mise à mort du Parti. Les amis de José Bové me semblent s'être éloignés du PCF depuis décembre.
Ca peut paraitre un peu pessimiste mais j'ai la sensation que la gauche antilibérale ne pourra pas s'unir avant d'avoir réglé la "question communiste". D'abord parce que le PC représente une force qui écrase toutes les autres composantes de la gauche antilibérale par le nombre de ses militants, mais aussi parce que c'est une question qui mine la gauche de la gauche et l'empêche de progresser vers cette union déjà ratée aux présidentielles et vraisemblablement aussi aux législatives.
Il y a des antilibéraux qui ont l'air de penser que le Parti Communiste ne devrait plus exister. Et certains Communistes considèrent Bové comme un collaborateur du capitalisme et de la bourgeoisie (un "social-traitre" ?).
Tout cela ne s'exprime pas toujours très franchement. Je pense que chacun a intérêt à ce que nous mettions toutes nos arrières-pensées sur la table. Si l'on veut construire un truc durable, il faut repartir de zéro, sur des bases saines, sans malentendu originel.
Je croit que l'union de la gauche antilibérale sera impossible tant que ces problèmes ne seront pas réglés.
Pour finir une note positive : la gauche de (la) gauche a tout de même obtenu plus de 3 millions de voix. Si ce sont 3 millions de militants, on devrait finir par réussir à convaincre beaucoup de monde !
"La porte du bonheur est une porte étroite
On me dit aujourd'hui que c'est la porte à droite ..."
Jean Ferrat
Il me semble que le problème est que antilibéral ne signifie pas, loin s'en faut, anticapitaliste. On trouve sous ce vocable des gens aussi différents que des communistes, des altermondialistes, des keynésiens, etc ... En dehors des communistes, PCF, LCR, LO (merci M. de Lapalisse), les autres, altermondialistes, keynésiens, quelques sociodémocrates sont capitalistes.
Mis à part quelques points précis, comme par exemple faire échec à Sarko,il parait improbable de pouvoir réunir tous ces courants d'idées dans un même mouvement. La base même nous sépare.
Je ne suis malgré tout pas péssimiste car j'entends pas mal de personnes commencer à se poser des questions. Ce qui leur fait peur, c'est le terme "communisme" et tout le cortège de souvenirs qu'il y a derrière. Mais les idées arrivent à les séduire. Alors il nous faudra un peu plus d'imagination pour la prochaine fois...